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Un été à Meadows
Premier Prix du roman au Concours Littéraire International de Servon-sur-Vilaine
décerné par le Conseil Général d'Ille-et-Vilaine
Page : 380 ISBN : 978-2-95260-67-7 Réédité en 2011, ISBN : 978-2-953-9727-0-2 Format : 14 x 20 cm.
Prix : 18,00 €
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|  Au cours d'une halte dans un présent que j'ai imaginé être le mien, j'ai écrit « Un été à Meadows ».
Sher, alias Anthelme Sherbrooke Blanchard , professeur de littérature dans un lycée du Calaisis, s'apprête à aller prendre quelques semaines de vacances dans son cabanon pour tenter de se remettre d'une série de désillusions qui l'ont exténué.
Une singulière enveloppe, déposée dans sa boîte aux lettres la veille de son départ, par une main anonyme, va contrarier ses projets.
Dès qu'il prend connaissance de son contenu, une force étrange lui fait revivre avec violence des périodes de son enfance peuplées d'angoisses, et le pousse à prendre la direction de Ruineuil, village qui, trente-quatre ans plus tôt, fut le théâtre du meurtre, jamais élucidé, de Félix Weiss, le ferrailleur.
Lorsque Sher y arrive, l'unique rue du village est déserte. La chaleur est étouffante. Les deux personnes qu'il rencontre lui donnent l'impression qu'il est à la fois attendu et dérangeant.
Alors qu'il s'apprête à repartir pour son cabanon, une inconnue lui impose par téléphone un rendez-vous auquel il accepte de se rendre.
Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que cette rencontre va sceller son destin…
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D'instinct, nous nous regroupâmes au milieu de la salle comme si nous avions voulu nous mettre hors de portée des objets qui, dans la faible lueur, ressemblaient à des bestioles menaçantes. Les uns pendaient aux murs, les autres tapis au sol, comme prêts à bondir. Il y avait là des tenailles, des griffes de fer, des étrilles, une roue garnie de pointes, des tas de cordes et d'autres outils qui, de toute évidence avaient servi à torturer. Un bat-flanc muni de menottes aux quatre coins occupait un angle de la pièce. Dessous il y avait un tas de vêtements bariolés, et des masques de tragédie antique. Une étroite échelle de fer descendait d'un orifice percé dans le plafond. L'air qui en descendait sentait la putréfaction. Des lampes à pétrole disposées dans des niches multipliaient nos ombres vacillantes. Elles prouvaient que l'endroit avait récemment reçu de la visite. – Manque plus que le tourniquet, la chaise à clous et l'estrapade, murmurai-je. Pouvaient se rendre compte de rien, là haut... La voilà ta deuxième sortie, Joscelyn ... – Ça me glace le dos, murmura-t-il. Nous ne devons toucher à rien, surtout... Les empreintes... dépêchons-nous de sortir d'ici et de prévenir les autorités. Pour le coup, ils vont vraiment être débordés... Ça nous dépasse, vous n'êtes pas de mon avis ? – Tu m'étonnes... Je ne reste pas une minute de plus dans un endroit pareil. Faites ce que vous voulez, moi je me tire, gémit Manuel en se dirigeant vers la sortie. On se croirait dans des caves à tombes. – Des catacombes ! Manuel. Qu'est-ce que tu fais, Jos ? Il extirpa de sa sacoche un goupillon, une fiole et un crucifix. – Cet endroit est mauvais... – Tu dérailles, mon pauvre Joscelyn ... On n'a pas de temps à perdre avec ça... – Des atrocités ont été commises ici, Sher, affirma-t-il en me regardant droit dans les yeux, tu comprends ? Nous pouvons nous associer dans la prière pour lui donner plus de force, si vous voulez... Chacun est maître dans son domaine. Celui-là n'étant pas le mien, je laissai mon pote le curé se conformer à ce que le droit canon lui avait enseigné. Il fit seul le tour de la salle en psalmodiant et en aspergeant les murs d'eau bénite. Ce rituel de désenvoûtement ressemblait trop à de l'occultisme pour que je m'y associe. Des croyances d'un autre âge, destinées à combattre l'autre contre l'autre, avaient traversé les siècles pour arriver jusqu'à nous, jusqu'à se confronter dans ce maudit souterrain. Je doutais que Joscelyn soit habilité à s'adonner à ces pratiques. Cependant, il me surprenait par sa détermination et son calme. Je me trompais quand je disais bien le connaître. Il est vrai que Stéphane n'était pas un simple tueur. Il était affecté d'une anormalité mentale et physique le rendant capable d'agir sur l'existence humaine et la détruire de la pire des façons. Pourtant, à ma connaissance, il ne s'était jusqu'à présent attaqué qu'aux plus faibles, Weiss et Peter. Était-il vraiment possédé ? Si c'était le cas, si le mal personnifié avait hanté ces lieux, Joscelyn pouvait avoir raison d'agir comme il le faisait. Manuel me secoua l'épaule : « Dis donc, Sher, tu comptes rester là longtemps ? » – J'arrive, dis-je d'une voix lasse... J'attendis que Joscelyn finisse de ranger son attirail et sortis en dernier. La corde restée en place facilita notre remontée. Il nous fallut moins de dix minutes pour retrouver l'air libre. L'orage avait tout détrempé. Il y avait encore de la lumière sous le porche de Talamanca. J'eus le pressentiment qu'il s'y passait des choses graves.
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| Jean-Noël Lewandowski © 2005-2011 Tous droits réservés. | Mise à jour dimanche 13 novembre 2011
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