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Les destins traversés Parution septembre 2010 Page : 160 ISBN : 978-2-916685-59-5 Editeur : Un Livre Une Aventure Format : 15 x 21 cm.
Prix : 16,90 € |
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Derrière les murs de la solitude qu'il a dressés autour de lui, Daniel espère oublier Émilie, partie pour toujours de l'autre côté de l'Océan. Parce qu'il lui faut bien continuer à vivre, le jeune ingénieur en informatique s'installe à demeure dans un mobile home et se reconvertit dans le métier de webmestre, une activité qui ne rend pas indispensable la présence physique des autres. Alors que sa vie s'organise sans vraie joie, mais aussi sans détresse ni angoisses, elle bascule un matin d'été avec l'apparition de Nora. Sa beauté énigmatique, sa réserve et l'étrange mélancolie que son regard exprime envoûteront le jeune homme qui, très vite, soupçonnera chez elle un mal-vivre qu'elle ne peut exprimer. Au contact de ses étranges compagnons, Daniel commence à découvrir une partie du secret qui rend la jeune fille malheureuse. Or, à l'aube du deuxième jour, après un orage d'une rare violence, Nora a disparu…
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La façade de "La Posada Azulada" était étroite. La maison dépassait en hauteur toutes celles de la rue. La réception était minuscule. L'escalier exigu jouxtait un ascenseur en panne. La porte du fond ouvrait sur une salle de restaurant aux tables dressées, prolongée par une terrasse ombragée où des personnes riaient bruyamment. Nora éprouva tout à coup une étrange gêne. Elle s'éloigna le plus possible de la réception. Cela ne fit que renforcer l'impression qu'elle se mettait elle-même au coin comme une écolière ayant fait une chose interdite ou étant en train de la commettre. Elle ressentit cependant dans son corps des sensations jusqu'alors inconnues qu'elle trouva agréables. « Je n'ai pourtant encore rien fait… pensa-t-elle en sentant le rouge de la gêne lui monter au visage, il est encore temps… » Daniel se tourna vers elle, la fixa un long moment de ses yeux bleus et lui sourit avec une infinie tendresse. Une sensation plus violente encore lui crispa le ventre. Elle baissa la tête, confuse. La réceptionniste arriva enfin. Elle remplissait à elle seule la réception. Elle jeta un bref coup d'œil à Nora puis, avec un sourire entendu, poussa vers le jeune homme un épais registre. — Bueños dias, señor, dit-elle d'une voix rauque. Qué desea ? — Hola ! Tiene algùn cuarto libre para esta noche ? Con baño por favor. Nora se retourna, étonnée. Le jeune homme prit la clé et, en deux enjambées la rejoignit au pied de l'escalier. — Tu ne m'as jamais dit que tu parlais espagnol, chuchota-t-elle. — Il y a beaucoup de choses que je ne t'ai jamais dites. Nous n'avons pas eu beaucoup le temps de parler… On va rattraper ça. Viens… Elle se hissa sur la pointe des pieds, se pendit à son cou et lui souffla à l'oreille : « Ce n'est pas de parler, dont j'ai envie… » Gênés autant par leurs sacs que par la situation, ils se bousculèrent sur l'étroit palier du premier étage. Nora dut se plaquer contre le mur pour que Daniel puisse déverrouiller la porte. « La quatre » nota-t-elle mentalement, comme si cela devait avoir de l'importance. » Tandis qu'il ferraillait avec la serrure dans la pénombre, elle se dit qu'elle se souviendrait toujours de cet instant. Premier étage. Numéro quatre. Il ouvrit, la laissa passer, et rentra les bagages. La chambre était modestement meublée d'un grand lit auquel était adjoint un seul chevet. Dans un angle, à côté de la salle de bain, trônait une bergère au style indéterminé, aux coussins de velours bleu, lustrés. Du pied, Daniel repoussa les sacs de voyage contre le mur. Les deux futurs amants se dévisagèrent en silence. — Nous y voilà, dit-il. — J'ai besoin de souffler, Dany. Si tu permets, je vais m'asseoir un peu. — Prends ton temps... Plus rien ne presse à présent. Nous sommes arrivés. Il alla à la fenêtre et l'entrouvrit. Dehors, la circulation s'était intensifiée. L'heure du déjeuner approchait. — Tu as faim ? — Non. — Tu as mangé avant de partir ? — J'ai grignoté des bricoles dans le train. Viens… Il s'agenouilla près d'elle, entoura ses hanches de ses bras et posa sa tête sur ses genoux. Elle lui caressa les cheveux. — Ne tremble pas comme ça, Dany, chuchota-t-elle en se courbant davantage vers lui. — Je suis bien… Ça va aller… Ils restèrent ainsi un long moment, sans parler, sans bouger, profitant de ces premiers instants de tendresse. — Dany, dit-elle d'une voix à peine audible, je dois passer un coup de fil à mes parents. J'ai promis. Je ne voudrais pas qu'ils s'inquiètent plus longtemps. Ça ne te dérange pas ? — Tu peux te servir de mon téléphone, si tu veux… Je vais en profiter pour me rafraîchir un peu. Elle fit quelques pas sur le balconnet, et forma le numéro de ses parents. Quand Daniel ressortit de la salle de bains, Nora était assise au bord du lit, face à la porte. Elle s'était débarrassée de sa veste. Il se laissa tomber à ses côtés. Un peu gêné, et pour se donner une contenance, il testa la souplesse du matelas avec exagération. Elle sourit de son embarras, se leva et, après avoir mis en charge son téléphone, passa à son tour dans la salle de bains. Il s'allongea à demi sur le lit et l'attendit, appuyé sur les coudes, tremblant encore un peu, réalisant à peine l'incroyable aboutissement de sa poursuite. Elle réapparut dans l'encadrement de la porte. Elle était d'une beauté et d'une fraîcheur étourdissante. Elle souriait, heureuse. Elle s'avança et resta plantée devant lui. Daniel se redressa. Ils se cherchèrent du regard. Il sentit monter son désir. Il la chercha des mains et l'attira contre lui. Elle se laissa aller. Ils se débarrassèrent avec maladresse de leurs vêtements, se dévorèrent des yeux, se caressèrent une éternité puis firent l'amour, follement comme si cette relation était légitime. Nora se perdit dans le regard bleu de Daniel. Par ses gestes précis et délicieusement impudiques, il lui fit découvrir le chemin du plaisir et, pour la première fois de sa vie de femme, Nora ressentit un bien-être extrême s'emparer de tout son corps et délivrer son âme. Ils se noyèrent de caresses et de baisers et ne firent plus qu'un seul être, s'abreuvant de mots interdits, de mots trop longtemps retenus.
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| Jean-Noël Lewandowski © 2005-2011 Tous droits réservés. | Mise à jour dimanche 13 novembre 2011
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