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Jet LagEditeur : PLE Eds Format : 14 x 20 cm.
Prix : 17,90 € |
|  J'ai cherché à découvrir ce que pouvait receler les cœurs et ce que pouvaient murmurer les âmes de deux jeunes femmes avec « Jet Lag ».
Hélène et Stéphanie viennent d'horizons différents. Elles ne se connaissent pas.
Le hasard les réunit dans le hall d'un aéroport bruxellois et les fait attendre côte à côte un avion censé les emporter au bout d'un même rêve, le Canada.
Un contact fortuit, les regards à la fois curieux et amusés qu'elles portent alors l'une sur l'autre, quelques mots difficilement retenus et des éclats de rire destinés à dissimuler le tragique de leur situation, parviendront pour un temps à les délivrer de leurs angoisses et seront le prélude à une longue et incroyable amitié.
Quelques années plus tard, à la mort de son mari, Hélène doit rentrer en France. Stéphanie, la fidèle, qui a partagé sa fulgurante réussite insiste pour à l'accompagner.
Les confidences surprenantes de Maître Pichonneau, un vieux notaire plein de bon sens et de bonté, et les exigences inhérentes à la succession du défunt mari d'Hélène, contraindront finalement les deux jeunes femmes à se confronter, ensemble, mais chacune à sa manière, à un passé tourmenté.
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Édouard regagnait sa clairière d'un pas rapide après s'être enfoncé dans les bois plus profondément que les jours précédents, préférant forcer les taillis broussailleux plutôt que suivre les sentiers glissants. Quelques heures plus tard, l'illusion de s'y être perdu et celle de revenir de très loin l'avaient laissé passablement étourdi. Il n'avait réussi qu'à s'égarer dans ses souvenirs et à s'accrocher aux ronces. À l'approche de sa maison, son cœur se serra comme au temps où il était impatient de rentrer chez lui, à Saskatoon, harassé par ses longues visites aux chantiers forestiers. Dix ans plus tôt, la perspective de se retrouver dans le confort douillet d'un chez-soi après des semaines d'absence faisait partie, à ses yeux, des félicités de ce monde. Les mêmes sentiments accompagnaient toujours ses retours, d'où qu'il vienne et où qu'il habitât. Toutefois, il n'avait jamais pu se débarrasser tout à fait des émotions indéfinissables qui l'étreignaient immanquablement, et avait fini par composer avec elles. De ce fait, il n'en appréciait que d'avantage la quiétude qui s'ensuivait. Cela mis à part, Édouard n'avait jamais eu à redouter quoi que ce soit ou qui que ce fut dans son existence, bien qu'à maintes reprises il eut a faire face aux dangers. Cette fois encore donc, son cœur se gonfla exagérément, et il ne put contenir l'émotion qui lui brouilla la vue. « À cause du froid » pensa-t-il en souriant, tandis que le visage d'Hélène traversait son esprit. Il chassa cette vision, si douce soit-elle, et poursuivit son chemin. L'hiver tout proche rendrait bientôt toute randonnée en forêt impossible ; aussi le chalet allait-il devenir un endroit difficile à quitter, et pas seulement à cause de l'hiver. Il y était attendu. En milieu de matinée, après avoir longuement hésité, il s'était mis en route, taraudé par le sentiment coupable et lancinant que le moment n'était pas bien choisi pour laisser Hélène seule, alors qu'elle venait à peine de rentrer. Il s'était arrêté à la lisière de la forêt et s'était retourné vers les maisons. Il s'en était fallu de peu qu'il rebrousse chemin. Finalement, la pensée qu'il se lançait probablement dans sa dernière course de l'année s'était imposée, balayant ses ultimes réticences. Il ajusta son sac, enfonça sa casquette, sauta le fossé et disparut dans les fourrés. Vers les trois heures de l'après-midi, en longeant le Bas Ru, il fut accroché par les Gerbillon dont la cabane se trouvait à deux bonnes lieues de la sienne, qui à tour de rôle, le saoulèrent de propos oiseux. Le froid s'insinua sous ses vêtements jusqu'à ce qu'il prenne conscience qu'il ne les entendait plus que de très loin ; leur visage s'estompait dans le demi-jour et leur babillage, devenu murmure, avait fini par disparaître derrière le bruissement du feuillage desséché et les chants des oiseaux. Il resserra les cordons de sa parka et prit congé avec une rudesse inhabituelle, qu'il ne parvint pas à contrôler ni à regretter tout à fait. Il allégua qu'il se faisait tard et que la route qui le séparait encore de sa clairière était encore longue. Il refusa pourtant avec énergie qu'Ambroise le raccompagnât en tracteur. Il prétexta aussi, puisqu'ils venaient juste d'en parler, – il ne se souvenait que de cela – vouloir aller jusqu'au ponton vérifier l'amarrage des bateaux. Il s'obligea donc à ce long détour et dut forcer l'allure pour arriver au chalet avant la nuit.
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| Jean-Noël Lewandowski © 2005-2011 Tous droits réservés. | Mise à jour dimanche 13 novembre 2011
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